Les grands esprits

Dès que les collègues d’un bahut se mobilisent sérieusement, et s’adressent aux autorités, apparaît inévitablement tel ou tel grand esprit censé les rappeler aux leçons immémoriales de l’éternel bon sens des peuples. Lequel se résume en trois points :

1. « Vous vous rendez compte que ce que vous faites chagrine beaucoup le chef, alors qu’il fait ce qu’il peut, le chef ? »

Argument destiné à toutes celles et ceux qui escomptent quelque bonne grâce du « chef » mais, plus largement, qui fait appel au bon coeur des foules envers des chefs qui, en effet, ont souvent tendance à « prendre pour eux » une mobilisation contre des menaces sur les postes et les moyens …

Mais les plus irrespectueux envers la personne des « chefs » ne sont-ils pas leurs propres supérieurs hiérarchiques qui les envoient en première ligne et qui ne leur transmettent pas le BA-ba du service public républicain, à savoir qu’une décision budgétaire ou politique n’a rien à voir avec leur engagement personnel ?

Faites comprendre au « chef » qu’il ne tient qu’à lui de se considérer comme un fonctionnaire et non comme l’incarnation des ordres qu’il pense avoir reçus, comme ça il vivra tout beaucoup mieux surtout si vous gagnez !

2. « De toutes façons il n’y a pas les moyens ».

Sauf que dès que ça chauffe vraiment, les moyens apparaissent. Par miracle ? Mais non : parce que ce n’est pas la pauvreté de la société qui engendre le manque de moyens, mais uniquement les choix politiques contre le service public.

Cela, à plus forte raison, dans le cas de la dotation d’un établissement du second degré, lorsque c’est le nombre d’HSA (Heures sup’) qui pousse à des suppressions de postes et à des compléments de service ailleurs parfaitement absurdes : là, ce n’est même pas une question de moyens, puisque des heures postes coûteraient moins cher !

3. « Vous ne devriez pas vous faire accompagner par les syndicats, cela n’est pas bien vu. »

… Ce qui sera au contraire bien vu et bien noté, c’est précisément le cas où vous ne l’êtes pas ! La présence de représentants syndicaux, qui sont des collègues comme vous mais mandatés par une organisation commune, confère au contraire un poids supplémentaire signifiant clairement aux autorités que vous n’êtes pas seuls, et qu’on ne pourra pas vous mener en bateau.

Par ailleurs, les représentants syndicaux se moquent d’être « bien vus » ou pas, ce n’est pas la question, et ceci permet des rapports courtois et normaux et contribue à dépassionner et dépersonnaliser ce qui n’avait pas lieu de l’être !

C’était le petit message du SNES-FSU 03 aux collègues de plusieurs bahuts récemment confrontés à la bienveillance subite de grands esprits qui savent !

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Mouvement au lycée Paul Constans de Montluçon

Un mouvement de colère et d’exaspération soulève les personnels du lycée Paul Constans à Montluçon. Dans le cadre de la mise à plat du réseau informatique des lycées par le Conseil Régional, le lycée Paul Constans se trouve à la traîne. Malgré de nombreux avertissements signalés par les élus SNES-FSU au CA du lycée, la volonté politique de la Région de passer à la télémaintenance a privé le lycée au parc de 1000 ordinateurs de toute présence physique de technicien au quotidien sur le site. Il faut rappeler que le lycée accueille 1850 élèves à la rentrée 2018, qui se répartissent dans des formations de la troisième à la licence professionnelle, que les séries technologiques sont particulièrement tributaires de l’outil informatique. (suite…)

Bahuts de l’Allier, acte I.

Au lycée Banville de Moulins, rassemblement personnels/parents/jeunes le jeudi 14 février 17h.

Au lycée Albert Londres de Cusset, réunion et rassemblement le jeudi 14 à partir de 16h.

Au lycée Paul Constans de Montluçon, mobilisation ce jeudi 7 -photo- contre la carence de moyens informatiques et appel à se rassembler le jeudi 14 à 18h.

Au lycée et collège Blaise de Vigenère de Saint-Pourçain, mouvement des personnels suivi d’une médiation académique la semaine dernière.

Les personnels du collège Jules Ferry de Montluçon réunis nombreux avec le SNES-FSU le lundi 4 ont fait grève et manifesté le mardi 5 : 4 suppressions de postes !

Les personnels du collège Marie Curie de Désertines réunis ce matin protestent contre la combinaison baisse de dotation/hausse des heures supp’ : résultat pour faire faire des heures supp’ dans le collège il faudrait que des profs soient à cheval avec un autre établissement, au détriment des élèves !

Ce matin dans le même collège, il était aussi question de la fermeture nouvellement annoncée d’une classe en SEGPA …

ET SI NOUS FAISIONS DANS L’ALLIER DU 14 FÉVRIER LA JOURNÉE DE PROTESTATION DES BAHUTS ?

… pas comme une fin en soi mais pour monter en puissance car nous n’avons pas le choix !

– d’ailleurs au lycée De Staël de Montluçon par exemple, une assemblées parents.profs se prépare pour la rentrée.

NB : ce même 14 février se tient à Clermont-Ferrand à 9h le Conseil Académique de l’Education Nationale.

 

Un récit de Saint-Pourçain

Significatif !

Mouvement de grève spontané à la cité scolaire de Saint Pourçain sur Sioule

Depuis un an et demi, les conditions de travail se sont dégradées dans l’établissement (collège et lycée). Cette dégradation provient d’une inorganisation et d’une multiplication des réunions. De plus, lorsque la charge de travail est forte, nous connaissons des crises d’autoritarisme de la direction.

Nous avons régulièrement organisé des heures de vie syndicale afin de libérer la parole et ne pas rester sur des insatisfactions ressassées.

Lors des crises, nous avons graduellement alerté la direction d’abord dans une discussion puis en alertant les syndicats (le SNES-FSU) puis en se servant du registre Santé et Sécurité au Travail. A chaque étape les décisions étaient discutées collectivement.

La dernière étape est la stigmatisation d’une collègue qui – une première depuis plus de 30 ans. – titulaire sur l’établissement, n’avait pas son complément de service sur l’autre établissement de la cité scolaire (collège/lycée) alors que c’était possible (les heures existaient). Lors d’un Conseil pédagogique toute les enseignants ont fait valoir cela, et la seule réponse obtenue a été, « ce n’est pas un droit » puis « c’est le terrain qui commande »…..

La direction a demandé un entretien avec la collègue en présence de médiateurs. Cet entretien a duré moins de 10 minutes et s’est soldé par une mise dehors de la collègue et des médiateurs du bureau de la direction.

Nous avons alors décidé pour soutenir la collègue, et pour mettre fin à ces crises d’autoritarisme, de cesser le travail et de demander une médiation à l’Inspection d’académie et au Rectorat. Au bout d’une heure, un engagement était pris à ce sujet rapidement et nous avons repris le travail.

La médiation a eu lieu le lendemain. Globalement, les collègues ont eu le sentiment d’avoir été entendus, même si le cas individuel est plus ressorti que les conditions quotidiennes (très insécurisantes) de travail. Les questions « techniques » précises ayant donné matière à conflit (DHG, organisation pédagogique, …) ont trouvé une solution.

Mais il ne faut pas ignorer l’impact de la réforme du lycée sur cette situation. La direction fait des crises d’autoritarisme mais travaille dans des conditions déplorables liées à cette réforme.

Comme nous préparons chaque étape collectivement (choix des spécialités, choix pédagogiques de dédoublement,……), à l’initiative des représentant des professeurs au CA, nous sommes solidaires, et parfois aussi bien, voire mieux, informés que la direction. Cela les met évidement en posture difficile, mais nous ne faisons que notre travail par ailleurs reconnu en salle des profs.

Les points positifs sont la forte solidaritéentre les collègues et la valorisation de l’action syndicale.

Le rapport de force au sein des instances se trouve renversé au moins partiellement

Par contre, lorsque le dialogue se tend, l’ambiance s’en ressent. Le prisme local prend parfois le dessus sur les raisons « nationales » de lutter.

Le bilan est malgré tout positif. Les collègues sont « fiers » de la solidarité dont ils ont fait preuve.

Lycées : une journée importante

La grève nationale appelée ce jour par les syndicats du second degré de la FSU, visait notamment, au moment où les dotations souvent en baisse et les menaces pour les postes arrivent dans les établissements, à permettre aux personnels des lycées (généraux, technologiques, professionnels, agricoles), de se réunir, de discuter, de s’organiser pour résister à une « réforme » qui, articulée avec Parcoursup, vise à faire reculer de manière fondamentale le droit aux études, aux qualifications, et à un avenir correct pour l’ensemble de la jeunesse.

(suite…)

Réforme du Bac et suppressions de postes

La Montagne de ce jeudi 20 décembre titre Quel bac dans votre lycée. En même temps que le Recteur envoyait aux lycées ses réponses concernant la carte des enseignements de spécialité en Première l’an prochain, dans le cadre de la « réforme du lycée », il contactait la presse pour en faire la promotion.

Il n’a pas pensé à lui donner l’autre information, qui va de pair avec la première : l’enseignement secondaire perd 42 postes dans l’académie de Clermont-Ferrand l’an prochain – et le premier degré en « gagne » zéro !

(suite…)

De l’utilité de connaître ses droits…

Parfois, il est nécessaire de rappeler que nous avons des droits et qu’il n’est donc pas permis de faire n’importe quoi. Ainsi, quand dans un collège de l’Allier un projet prévoit de faire voter en CA le fait que les enseignants devront prendre les élèves 15 minutes plus tôt en début d’après midi pour leur permettre de lire en autonomie, il est utile de rappeler que :

  • nos maxima hebdomadaires sont de 18h pour les certifiés et 15h pour les agrégés.
  • une heure supplémentaire peut être imposée et doit être rémunérée.
  • le bénévolat ne peut fonctionner que sur la base du volontariat
  • prendre en charge des élèves sans inscription au VS, sans ordre de mission et sans rémunération peut poser des problèmes d’assurance.
  • Un conseil d’administration n’a pas le pouvoir de modifier nos statuts.

Quand des pratiques sont illégales, il suffit de le dire pour qu’elles cessent. Obéir à toute injonction hiérarchique ce n’est pas appliquer la loi ni servir le service public. Si cela ne suffit pas de le rappeler, il faut contacter le syndicat pour faire cesser ces abus.

Connaître ses droits, c’est déjà les défendre : inscrivez-vous au stage syndical organisé par le SNES 03 sur ce sujet !

https://snes03.wordpress.com/2018/08/29/participez-au-stage-syndical-du-snes-03/