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Réforme Blanquer : fin programmée du lycée ?

Nous reproduisons ci-dessous et donnons en fichier joint le tract du SNES-FSU de l’Allier sur le projet de « réforme du lycée » du ministre M. Blanquer, rédigé suite à la discussion de vendredi soir 12 janvier au pot de rentrée du SNES sur Presles-Vichy.
La FSU 03 appelle tous ses adhérents, les personnels qu’elle représente et au delà les salariés, les jeunes et les parents d’élèves à se saisir de cette question qui concerne toute la société, et serait, avec les attaques contre le droit du travail et le salaire socialisé (protection sociale), une attaque majeure contre un droit social fondamental, certes mal mis en oeuvre, mais conquis de haute lutte et vital pour des millions de jeunes :
LE DROIT AUX ETUDES.

tract lycée

Réforme Blanquer :
est-il exagéré de parler de fin programmée du lycée ?

Voyons ce qui filtre du « rapport Mathiot » commandé par le ministre. Bien sûr, les informations fluctuent. Ainsi la LV2 d’abord bannie d’un éventuel « tronc commun » en ferait à nouveau partie, etc. Mais basons-nous sur l’essentiel, sachant que les Bacs techno et pro doivent y « passer » aussi selon le ministère mais qu’il commence par le Bac général :

Le système actuel des voies du lycée général a des défauts bien connus. Mais son remplacement par 9 filières en 1° et Terminale (mais commençant dès le second semestre de Seconde), loin d’y remédier, les porte au maximum. On reconnaitra dans ces filières la reproduction aggravée des inégalités actuelles : Math/Physique, Math/Informatique, Math/SVT, Math/SES, SI/Physique, Lettres/Langues, Lettres/Arts, Lettres/Philo, HG/SES.
Ne sera-t-il pas difficile de faire croire aux parents à l’avènement d’un choix plus libre alors que c’est en fin de 3° qu’il faudra de fait viser sa filière et l’établissement qui la préparera ?

La « réforme » commence en fait maintenant avec l’instauration des « pré-requis » pour les inscriptions post-bac. Autrement dit de la sélection à l’entrée à l’université. De fait le Bac ne serait plus, dés cette année, le 1° grade universitaire. Les « pré-requis » publiés le 12 décembre dernier sont de trois sortes :
- de grandes généralités (« culture générale » …) qui impliquent la renonciation à donner les moyens à l’enseignement secondaire d’apporter ces bases,
- des dispositions précises visant à faire barrage (exigences « scientifiques » en Staps, relevant du lycée général à l’entrée des diplômes technologiques) – et font douter de la volonté, et des moyens, des universités à organiser les « années de remise à niveau » qui avaient été annoncées,
- des dispositions discriminantes voire idéologiques autour des notions d’ « engagement associatif » et d’ »investissement citoyen » …
C’est une sélection concurrentielle et arbitraire qui se met en place. Parions, hélas, qu’on va vite oublier les « ratés d’APB » devant ce qui commence en ce mois de janvier 2018 …

Le Baccalauréat passerait en CCF (Contrôle en Cours de Formation) pour la grande majorité des disciplines, l’année de Terminale comportant 2 épreuves vers février pour les deux matières dominantes de chaque filières, et en juin pour la Philo et pour un « grand oral » devant un jury de 3 membres dont une personnalité « extérieure » (à l’Education nationale …). Seules ces 4 épreuves sont encore garanties « nationales » …
L’étalement du Baccalauréat, avec une « année à trous » au moins en Terminale, combinée à la sélection post-bac, visent à réunir l’ancien lycée et les premiers cycles universitaires dans un continuum, « Bac-3/Bac+3 », où filières, pré-requis et formations post-bac formeraient autant de « tuyaux », le collège étant en même temps de plus en plus rapproché du premier degré. Par quel miracle ce système de contrainte aggravée laissera-t-il moins de jeunes sur le carreau, le rapport Mathiot se garde bien de le dire …

Complétée par la semestrialisation et par une diminution des horaires-élèves allant de -0,5 heures à – 2,5 en 1° et de – 2 à -4 en Term selon les schémas horaires qui circulent, ces mesures conduisent pour les personnels enseignants :
à la suppression de 12 000 postes a minima et plus probablement près de 25 000,
à l’annualisation des horaires et à une dégradation accentuée de leurs conditions de travail et de leur autonomie pédagogique et professionnelle.

Ces orientations du rapport Mathiot et la sélection post-bac en cours de mise en place sont bien entendu en cohérence avec une politique hostile envers ces fondamentaux que sont les services publics et la fonction publique, la sécurité sociale et le droit du travail.

Le SNES-FSU-Allier appelle les personnels de lycée à prendre la mesure de ces projets, à ne pas se disperser entre disciplines, à se réunir et à discuter des moyens d’action que nos professions doivent mettre en oeuvre.
Il s’adresse également aux parents, étudiants et futurs étudiants : c’est ensemble que nous pouvons empécher la mise en concurrence généralisée.

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Chaleur et électricité à Albert Londres.

Ce n’est tout de même pas une mince affaire : l’un des principaux lycées du département (et de l’académie), qui, précisons-le, comporte un internat et fonctionne le samedi matin, doit fermer le vendredi, décision prise un peu avant 16 h. Aux dernières nouvelles il rouvre lundi, ouf …

La raison : depuis la veille vers 16h, plus de chauffage à Albert Londres. Selon La Montagne de Vichy la panne aurait « pour origine un programmateur électrique défaillant ». Ce qui, à tort ou à raison mais inévitablement, conduit à faire le lien avec les problèmes électriques récurrents dans la partie « ateliers » du lycée depuis la rentrée.

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Rendez-vous de carrière, les dernières informations.

Nous saluons l’initiative de la direction des ressources humaines et des corps d’inspection d’organiser des réunions d’information à destination des personnels concernés dès cette année par le nouveau dispositif des rendez-vous de carrière. Cet article est un compte-rendu de la réunion tenue à Yzeure le 22 novembre.

1339 rendez-vous de carrière sont prévus dans l’académie cette année, 1er et 2nd degrés confondus (304 collègues pour le passage au 7e échelon, 511 pour le passage au 9e et 524 pour le passage à la hors classe).

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Assistant.e.s d’éducation : nous ne sommes pas des pions !

Une grève ne se décrète pas en appuyant sur un bouton. Le plus souvent, y compris dans le cadre d’un appel national, c’est bien la situation concrète qui conduit salarié.e.s ou agents de la fonction publique à prendre part au mouvement.

En tant qu’emplois précaires de droit public, les assistant.e.s d’éducation sont clairement une catégorie de personnels à la jonction entre revendications du secteur public et du secteur privé.

Les ordonnances Macron sont un nouveau coup, d’une violence anti-sociale historique, contre les conquis sociaux, le droit du travail et les protections collectives. Cette contre-réforme ne sera pas la dernière du quinquennat, en tout cas dans l’agenda du pouvoir. Elle s’inscrit dans une dynamique de « flexibilisation » du « marché du travail » selon la novlangue libérale, engagée depuis plusieurs années, et qui a justifié l’an dernier la mise en place de la loi dite « Travail ».

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Aux contractuels du second degré

Deux semaines après la rentrée, nous savons que de nombreux non-titulaires sont sans emplois : ce qui est tard pour ces collègues.

En fin juillet, les élus CCP  de la FSU  et de la CGT ont demandé  une CCP d’affectation qui leur a été refusée, au prétexte d’une surcharge de travail. Cette CCP est la garantie d’une transparence dans les affectations, ce qui est d’ailleurs admis dans plusieurs académies notamment Marseille, Reims , Rennes.

Nous apprenons ce jour qu’une CCP initialement prévue le 4 octobre à 9h est reportée à une date ultérieure. Peut-elle remplacer une CCP d’affectation ? En effet la DPE demande de lui faire part des sujets que les élus souhaitent voir évoqués à l’ordre du jour, mais ne serait-il pas trop tard pour affecter des collègues ? Qu’importe la CCP, nos élus évoqueront toutes les questions d’ordre individuel relatives à la situation professionnelle des contractuels. Ce sont :

-Les affectations

La non affectation de nombreux collègues , les affectations des collègues qui ont des conditions de travail très difficiles , les collègues en situation professionnelles délicates , le non-renouvellement des collègues qui ont 5 ans d’ancienneté donc proches du CDI.

-L’application du nouveau cadre de gestion

les informations collectées par le SNES ,auprès des contractuels, sur l’application des nouveaux décrets permettront aux élu(e)s de porter des revendications au niveau du rectorat afin que toutes les mesures entérinées soient appliquées, notamment un meilleur traitement des collègues contractuels précaires

-Les concours internes et recrutements réservés session 2018

 Les  inscriptions aux concours externe, interne et réservé de l’Education Nationale sont  ouvertes jusqu’au jeudi 12octobre à 17H

Pour avoir de plus amples informations sur les concours notamment  la dernière session du concours réservé (loi Sauvadet), le SNES vous conseille vivement de consulter le lien suivant :

https://www.snes.edu/CONCOURS-INTERNES-ET-RECRUTEMENTS-RESERVES-SESSION-2018.html

Envoyez vos remarques sur ces questions à l’adresse mél suivante : s3cle@snes.edu

Pour avoir les réponses, nous vous convions à participer à :

la réunion « spécial contractuels enseignants » qui se tiendra au siège de la section académique du SNES 29 Rue Gabriel Péri, 63000 Clermont-Ferrand, (3étage)

le mercredi 4 octobre 2017  à partir de 14h

En amont de la réunion du 04 octobre 2017, un mail a été envoyé à tous les contractuels

dont les adresses sont connues pour collecter les informations

Absurde et dangereux

Florence Robine, directrice générale de l’enseignement scolaire sous le précédent gouvernement, avait prévenu : s’il est « difficile de contrôler systématiquement l’acquisition des connaissances (…) nous pouvons faire en sorte que des sujets liés à la défense soient régulièrement posés aux examens ». Nous voilà servis avec le sujet du brevet 2017 qui, à défaut de donner une image réaliste des acquis des élèves à la fin du collège, servira à vérifier que ces derniers ont bien intégré le catéchisme militariste que les enseignants ont été chargés de leur transmettre dans le cadre du protocole « école-armée » et de l’enseignement moral et civique.

Le document choisi est un texte de l’IFRAP, officine ultralibérale représentée dans les médias par Agnès Verdier-Molinié, financé en grande partie par l’argent public (il s’agit d’une association loi 1901) et qui promeut toujours moins d’intervention de l’État, toujours plus d’économies dans les services publics. Ce texte est prétexte à montrer que les militaires viennent en renfort lors de catastrophes naturelles sur le sol français. Comment en est-on arrivés à une telle source sur un tel sujet ? Y a-t-il un message subliminal ? N’importe quel article de la presse locale aurait pu servir au vu des questions qui sont posées sur ce document.

La dernière question, dite « question impliquante » (sic) est censée montrer la capacité de réflexion et d’argumentation de l’élève sur un sujet d’EMC. Ce dernier est amené à s’imaginer représenter la France au sommet de l’Union Européenne et rédiger une note sur une opération de l’armée française.

(Cette méthode du « scénario » dont les élèves ont soupé toute l’année, est censée les motiver à produire des textes ou des travaux. Sauf que ces derniers ne sont pas bien dupes longtemps et comprennent vite le stratagème en occultant la petite histoire amusante derrière laquelle on tente de cacher le… oserons nous le dire… TRAVAIL qui leur est demandé. Quant aux élèves en difficultés, ils s’égarent dans cette consigne à rallonge et comprennent encore moins ce que l’on attend d’eux.)

Mais revenons-en au plus grave, la consigne demande à l’élève qui passe son brevet de « monter en quelques lignes que l’armée française est au service des valeurs de la République et de l’Union européenne ». On ne lui demande pas son avis hein, des fois que (horreur !) il puisse en avoir un. Il est sommé d’argumenter une affirmation, pour le moins contestable par de multiples exemples (quelles valeurs l’armée française a-t-elle défendues en Lybie ? Au Rwanda ? En Centrafrique ? ) et même par principe : penser que l’armée sert à défendre des valeurs c’est avoir la même vision que les néoconservateurs américains qui ont prétendu pouvoir imposer la démocratie au Moyen-Orient en bombardant les populations. Une armée défend, dans le meilleur des cas, les intérêts d’un pays, et plus souvent des intérêts financiers, industriels et pétrôliers (à moins que Total ne soit une valeur de la République ? ).

Ce sujet est absurde et dangereux. Les élèves n’auront bien souvent pas compris le sujet et on ne peut le leur reprocher. Ils sont les victimes inconscientes de débats qui les dépassent pour l’instant. Les enseignants d’HGEMC doivent se poser la question du sens qu’il y a à mettre une note sur de telles questions. Un appel national des syndicats serait bienvenu. Il y a mieux à faire en éducation civique au collège quand on voit aujourd’hui combien les institutions sont mal connues par les citoyens et les conséquences politiques que cela engendre.