Libertés publiques.

Pédagogie à Montluçon.

La mairie de Montluçon a décidé de « faire payer les charges » aux syndicats pour leurs locaux. En présentant ainsi cette décision on peut tenter de faire croire qu’ils jouissaient d’un privilège indu. En réalité, certains de ces locaux ont été construits il y a plus d’un siècle, sous Jean Dormoy maire socialiste lié au mouvement ouvrier, à l’époque où les municipalités d’esprit démocratique aidaient à l’installation des bourses du travail. Il s’agit d’acquis sociaux permettant aux salariés, actifs, chômeurs, retraités ou en formation, de se réunir et de rencontrer leurs syndicats. Ces locaux ne sont pas entretenus depuis des années, sont devenus vétustes et de véritables passoires énergétiques.

Concernant la FSU notre local au 5 rue des Conches est 1°) vétuste, 2°) petit, 3°) froid et 4°) … nécessaire ! « Faire payer les charges » serait saisir plusieurs centaines d’euros par an pour l’exercice d’un droit dans de mauvaises conditions.

A savoir ou à ne pas oublier : la FSU et ses syndicats n’ont pas de locaux dans les bâtiments, lycées, collèges ou administrations, de l’Education nationale, comme c’est généralement le cas dans TOUS les autres ministères, et une expulsion par tentative de prélèvement financier dans les locaux municipaux la conduirait à poser publiquement ce problème.

C’est la mode chez certaines mairies LR, UDI, et FN, de vouloir « faire payer les syndicats » ou les virer – ou les faire payer de façon à les virer. Rappelons aussi qu’à Vichy le non-réemploi du gardien et le non-entretien des locaux avaient permis un cambriolage des locaux syndicaux, dont ceux de la FSU, il y a un an. Et qu’à Moulins, où la FSU n’est pas logée par la municipalité mais paie une contribution pour un local à la Ligue de l’Enseignement, des cambriolages ont également visé la CGT.

Mais le plus incroyable, c’est que le maire de Montluçon a confié la gestion de ce dossier parfaitement politique, et même, la concernant, idéologique, à l’adjoint aux Finances, M. Momcilovic, lequel a systématiquement refusé depuis un an de recevoir LES SYNDICATS ENSEMBLE. Recevoir des syndicats ensemble, vous n’y pensez pas !

M. l’adjoint au Finances semble ne pas savoir ce que c’est qu’une intersyndicale. Et un syndicat, le sait-il ? …

Bien entendu, cette tactique de la durée et de l’épuisement a conduit à quelques défections de la part de certains. Il n’empêche que la CGT, la FSU, l’UNSA, la CFTC et Solidaires – ces derniers n’ayant pas de locaux à Montluçon mais soutenant l’action commune – se sont retrouvés pour distribuer leur lettre commune aux élus de la communauté d’agglomération, ce lundi 29 février, à la Cité administrative de Montluçon, car la décision unilatérale de la mairie de Montluçon porte évidemment atteinte aux droits des salariés de toutes les communes environnantes. Ci-dessous photo du site Regard d’Actu : http://www.regardactu.com/La délégation intersyndicale s'était donné rendez-vous devant le Conseil d'agglomération

Sauf que, sur ordre, les portes étaient fermées et il n’était donc pas possible de rencontrer les élus se rendant à la réunion, qui passaient par l’intérieur depuis le parking. On mesurera la stupidité crasse de cette petite mesquinerie au fait suivant : comme la session de 18h était, obligatoirement, publique, ceci ne pouvait qu’avoir comme conséquence de nous contraindre à nous rendre dans celle-ci pour parler aux élus !

M. Dugléry, maire LR de Montluçon et président de la communauté d’agglomération, fit mine de s’étonner et de le prendre de haut. Il fallut donc intervenir de façon légèrement vigoureuse, mais toujours polie. Ce qui eut un résultat : M. Dugléry répétant que ces choses là, vulgaires problèmes d’intendance avec ces vulgaires syndicats, se traitent avec leur préposé, M. Momcilovic, ceui-ci après un bref entretien accepta ENFIN de recevoir plusieurs syndicats à la fois (mon dieu mon dieu ! ) mardi prochain 8 mars à 15h 30  (tout en avertissant qu’il ne changerait pas d’avis, et qu’il ne voulait pas que Solidaires soit de la partie, attestant d’une ignorance persistante du mot « intersyndicale »).

Nous irons donc mardi prochain. Tous les autres syndicats, FO, CFDT, CGC, sont d’ailleurs invités à venir aussi s’ils le souhaitent. Comme dirait M. Valls, nous tenterons de faire preuve de « pédagogie », afin de « corriger les incompréhensions » sur ce que sont des syndicats et une intersyndicale et de « corriger ce qui doit l’être » sur ce que c’est que le droit légitime à des locaux syndicaux municipaux correctement entretenus.

 

Publicités

Motions du congrès départemental de la FSU : grève du 26 janvier, état d’urgence, budget départemental.

Cusset, jeudi 7 janvier, 15h 30. Le Congrès de la FSU de l’Allier se tient en ce moment même au lycée Valéry Larbaud à Cusset. Il travaille à la discussion et l’amendement des textes d’orientation soumis à notre congrès fédéral national qui aura lieu la première semaine de février au Mans.

Et il vient d’adopter trois motions qui seront présentées à la presse tout à l’heure : l’une contre Daesh, l’état d’urgence et la révision constitutionnelle projetée ; la seconde pour la grève dans les collèges et dans toute la fonction publique le 26 janvier ; la troisième à propos des restrictions budgétaires résultant de la session de décembre 2015 du Conseil Départemental de l’Allier.

Voici ces trois motions :

Le 26 janvier, grève générale des fonctionnaires contre la casse des statuts, contre la réforme des collèges, pour les salaires et le service public !

Le congrès départemental de la FSU de l’Allier, réuni le jeudi 7 janvier à Cusset, constate que le mardi 26 janvier, l’intersyndicale du second degré comprenant notamment le SNES-FSU et le SNEP-FSU, a appelé à la grève pour le retrait de la réforme du collège, puis que les fédérations de fonctionnaires CGT, FO et Solidaire ont appelé à la grève le même jour l’ensemble des fonctionnaires contre le gel du point d’indice et pour la défense des services publics.

Les conditions peuvent donc être réunies pour un puissant mouvement social le 26 janvier, avec en son cœur une grève massive dans les collèges pour le retrait d’une contre-réforme qui menace non seulement les missions et les statuts des personnels, mais l’égalité de tous devant l’offre scolaire : la reprise du mouvement dans les collèges et la mobilisation de l’ensemble des fonctionnaires ne s’opposent pas, bien au contraire.

Il est consternant qu’à ce jour et à cette heure, la FSU nationalement n’appelle toujours pas à la grève le 26 janvier. La signature du protocole PPCR serait donc déjà un obstacle majeur à l’unité avec la CGT, FO et Solidaires et nous rapprocherait déjà à ce point des directions CFDT et UNSA ? … il est vrai qu’exiger la revalorisation du point d’indice devrait conduire à exiger la libre négociation salariale sur la base d’un rapport de force, brisant donc le carcan du protocole PPCR.

Prenant ses responsabilités, le congrès de la FSU de l’Allier appelle tous les personnels qu’elle représente à la grève le mardi 26 janvier et demande à la FSU nationale d’en faire autant.
Elle appelle les personnels des collèges à se porter en tête des mobilisations et manifestations de tous les fonctionnaires, qui, n’en déplaisent aux interdits de « l’état d’urgence », devront avoir lieu ce jour là, et propose la tenue rapide d’une intersyndicale départementale avec la CGT, FO et Solidaires.

 

 

Contre Daesh, l’état d’urgence et le projet de révision constitutionnelle

Le congrès départemental de la FSU de l’Allier, réuni le jeudi 7 janvier à Cusset, condamne les crimes de masse de l’organisation fasciste Daesh.

L’état d’urgence instauré en France depuis ces attentats, a permis l’interdiction et la répression de manifestations et de mouvements sociaux n’ayant aucun rapport proche ou lointain avec Daesh. _La FSU 03 se prononce pour la levée de l’état d’urgence et se joint au CDFD de la FSU du Puy-de-Dôme pour demander à la FSU nationale de prendre position clairement le plus vite possible en ce sens.

Le projet de révision constitutionnelle rend cela plus urgent encore. La possibilité de suspendre les libertés existait déjà dans la constitution (articles 16 et 36), mais la constitutionnalisation de l’état d’urgence y introduirait un arbitraire aggravé, par la vacuité des motifs (« en cas d’évènements présentant (…) le caractère de calamité publique »), et parce qu’elle permettrait au législateur d’y rajouter des mesures non définies et non délimitées, sans aucune limite de durée : c’est ainsi la « garantie des droits » (article 16 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen) qui est atteinte.

La déchéance de nationalité pour les binationaux natifs, dépourvue de tout intérêt « antiterroriste », est une atteinte directe au droit du sol, qui, si elle est largement appliquée, produira des apatrides car les Etats auxquels on prétendra les renvoyer peuvent très bien réagir en leur retirant leur propre nationalité. De plus, la création, dans l’article 34 de la constitution, d’un tiret exclusivement consacré à la nationalité et la séparant des autres domaines du droit civil, tend à en faire un domaine d’exception.

Une telle dérive autoritaire, antidémocratique et antirépublicaine n’a strictement rien à voir avec la nécessaire lutte contre le fascisme de Daesh. Elle doit être combattue et défaite. C’est pourquoi le congrès départemental de la FSU 03 apporte, au niveau national, son appui à l’appel «  Pour la levée de l’état d’urgence  » et propose aux citoyens et aux organisations syndicales, démocratiques et laïques, de constituer sur cette base et à l’encontre du projet de révision constitutionnelle, un collectif départemental pour la levée de l’état d’urgence et la défense des libertés.

Signer la pétition « Pour la levée de l’état d’urgence »

 

Non aux choix politiques et budgétaires nationaux et départementaux.

Le congrès départemental de la FSU de l’Allier, réuni le jeudi 7 janvier à Cusset, sachant qu’une délégation de la section départementale FSU et du syndicat SNUACTE-FSU doit être reçue demain vendredi 8 janvier par le président du Conseil Départemental M. G. Dériot, exprime l’inquiétude des personnels devant les décisions budgétaires et donc politiques prises lors de la dernière session du Conseil Départemental.

Des compressions de personnel et des mesures visant à augmenter les horaires ont été retirées de l’ordre du jour de cette session devant la menace d’une grève totale et d’un rassemblement de tous les personnels départementaux. Soutenant la pétition de l’intersyndicale CGT-FO-CFDT la FSU avait fortement répercuté cet appel dans les collèges. La réforme territoriale et les restrictions des crédits aux collectivités font que ces menaces demeurent à moyen terme.

La FSU Allier soutient les revendications des agents de collèges et de leur syndicat FSU qui, non seulement ne veulent pas comme tous les agents territoriaux subir ces reculs, mais qui réclament d’être traités dignement et de manière égale, en mettant fin au scandale du rattrapage de fait des jours fériés hors vacances et week-end, qui est actuellement imposé par le biais de l’annualisation du temps de travail, cela même pour le 1° mai !!!

Les aides au fonctionnement des 3 Centres d’Information et d’Orientation sont supprimées, alors que ces CIO avaient été créés à la demande du département et sur la base du financement de leur fonctionnement. C’est donc une mission départementale de service public qui est supprimée.

Signal significatif envers la jeunesse, les aides, hors transports, aux salons Cap Avenir sont supprimées, les collèges et lycées sont de fait incités à payer, ou non, en fonction de leurs moyens et des politiques locales.

Le recul de 30% du budget Culture conduit à la liquidation pure et simple de toute aide à de nombreuses compagnies emblématiques du spectacle vivant, à la suppression des subventions de fonctionnement aux compagnies de théâtre, à une forte baisse des aides aux festivals, toutes choses que notre Fédération, attachée à l’éducation populaire et à des loisirs culturels et démocratiques, condamne.

Ces décisions sont autant de choix politiques, dont il faut bien dire qu’ils s’inscrivent parfaitement dans le cadre de la politique gouvernementale : réforme territoriale, réduction des budgets des collectivités, affaiblissement de l’échelon départemental, quelles que soient les déclarations de l’exécutif départemental disant que c’est la faute au seul gouvernement, et celle de la nouvelle opposition départementale disant que c’est la faute au seul département. Non, les deux mènent la même politique qui, au nom du « remboursement de la dette publique », une dette publique qui finance la spéculation boursière, sacrifie les besoins sociaux.

La grève du 26 janvier peut être l’occasion pour les personnels, fonctionnaires ou précaires, de l’Education nationale, et les personnels territoriaux, de se retrouver ensemble pour la défense des services publics, du département, de l’école publique et de la culture.

 

 

Déclaration de la FSU Allier au Conseil Départemental de l’Education Nationale du 16 décembre 2015.

La FSU de l’Allier à l’occasion de ce CDEN tient à mettre en garde les pouvoirs publics et l’exécutif contre la tentation de régler les graves questions sociales auxquelles notre pays est confronté par des solutions autoritaires.
Les crimes de masse commis par Daesh le 13 novembre dernier ont dans l’immédiat sembler légitimer l’état d’urgence et le projet de modifier la constitution. Il s’avère que l’état d’urgence est de facto dirigé contre l’exercice des libertés démocratiques de rassemblement et de manifestation et que les perquisitions généralisées débordent massivement la lutte contre Daesh. Pire encore : le projet de déchéance de nationalité envers les citoyens binationaux (natifs compris) instaurerait de fait une inégalité civique entre citoyens français, mettant en œuvre une revendication de l’extrême droite.
En matière de relations sociales, il est surprenant que le premier geste du gouvernement, disant avoir entendu le message des électeurs au lendemain des élections régionales, soit de geler l’évolution du SMIC. La mise en œuvre du protocole PPCR (Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations) dans les fonctions publiques, protocole que notre section fédérale départementale n’avait pas approuvée, et qui a été décidée par le premier ministre malgré son caractère minoritaire, impose un carcan autoritaire à la liberté de négociation des salaires et rémunérations.
La réforme territoriale renforce dangereusement, par le pouvoir réglementaire, les attributions des présidents de Région qui deviennent, le mot n’est pas trop fort, des sortes de potentats. La tendance au renforcement de l’exécutif va donc de pair avec la tendance à l’inégalité croissante des citoyens devant la loi, devant l’impôt et dans l’accès au service public. C’est notamment pour ces raisons que notre Fédération avait vivement réagi aux propos de M. le Préfet lors du précédent CDEN du 9 juillet dernier concernant les conventions censées contractualiser la répartition des postes dans le premier degré, car il ne saurait y avoir de différences de traitement entre départements selon que les associations d’élus ont convaincu ou non les maires de participer ou non à telle ou telle politique. La signature récente de ladite convention repose naturellement ces mêmes questions : nous ne tomberons pas dans le piège de la concurrence entre départements et entre territoires.
La FSU de l’Allier, en prenant récemment l’initiative d’une réponse unitaire des organisations démocratiques, syndicales et laïques à une tentative de provocation d’extrême droite menée à l’encontre des réfugiés installés provisoirement à Varennes-sur-Allier, ce qui lui a valu d’être ciblée et attaquée par le groupe à l’origine de cette tentative, est fermement attachée aux acquis républicains et démocratiques et c’est pour cela même qu’elle adresse aujourd’hui cette mise en garde.
Le 15 décembre 2015